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150ème anniversaire de la théorie de l'évolution, Ma réponse à Richard Dawkins
150ème anniversaire de la théorie de l’évolution Ma réponse à Richard Dawkins Par Xavier Quentin Le hasard ayant voulu que mon livre L’évolution est-elle l’oeuvre de Dieu ? paraisse au même moment que l’édition française de Pour en finir avec Dieu de Richard Dawkins, la nécessité m’apparaît de répondre publiquement à ce dernier dans la mesure où, d’une part, nos thèses sont pour le moins opposées, et d’autre part le contexte du 150ème anniversaire de la théorie de l’évolution pourrait offrir l’occasion d’un débat apaisé et raisonnable sur les mécanismes de l’évolution, loin des oppositions frontales et stériles entre religieux créationnistes et scientifiques athées, que la presse se plaît a relayer mais qui masquent en réalité des divergence plus subtiles et sérieuses entre ceux qui sont convaincus du pouvoir explicatif du tandem mutations aléatoires/sélection naturelle et ceux qui ne le sont pas, de bonne foi. Mais ces divergences restent bien souvent inavouées car, pour un chercheur, critiquer les piliers de la théorie darwinienne c’est risquer de se voir aussitôt rangé dans la catégorie honnie des créationnistes obscurantistes et de perdre sa crédibilité auprès de ses pairs. Cette situation est regrettable, et j’espère que la présente tribune pourra contribuer à convaincre que, l’évidence de l’évolution étant un fait acquis, il est bel et bien possible de douter de l’explication darwinienne de cette évolution sans être pour autant un créationniste illuminé. De grâce! Ne laissons pas le monopole de la critique du darwinisme aux seuls créationnistes…
Déiste à la façon de Voltaire
Pour éviter toute équivoque, je tiens à préciser que je n’adhère à aucune religion, que je ne suis membre d’aucun mouvement quel qu’il soit, et que je n’ai aucun combat à mener, portant sur la morale, sur la quête de sens ou sur toute autre chose. Non, la seule chose qui me motive est la recherche de la vérité, une vérité scientifique quand cela est possible, et philosophique ou métaphysique à défaut. Néanmoins, malgré mon a-religiosité et ma défiance naturelle envers les religions, défiance que je partage avec Dawkins, je suis déiste. Un déisme à la façon de Voltaire, dans la mesure où je crois comme lui à l’existence d’un « horloger ». Et si je devais me ranger dans l’une des sept catégories de Dawkins mesurant le degré de croyance en Dieu (p.59), entre le « théisme pur et dur » (catégorie 1) et « l’athéisme pur et dur » (catégorie 7), je choisirais la catégorie 2 (« Très forte probabilité, mais pas à 100% »), exactement à l’opposé de Dawkins qui choisit la catégorie 6 (« Très faible probabilité, mais qui n’atteint pas zéro »).
Ceci étant précisé, j’ajouterai également que je souscris aux critiques de Dawkins sur l’emprise excessive des religions dans nos sociétés, et que sa manière de s’affranchir du « respect dû aux religions », son refus de se plier aux exigences du politiquement correct sont sains, courageux et de salubrité publique.
Faiblesse des arguments en faveur de l’existence de Dieu ?
Et enfin, les critiques de Dawkins sur la faiblesse des arguments en faveur de l’existence de Dieu (défini en tant qu’intelligence créatrice) me paraissent très pertinentes, à une exception près toutefois, et c’est là que se situe notre divergence fondamentale. Il s’agit de l’argument dit de « la complexité irréductible » ou de « l’improbabilité », seul argument vraiment sérieux en la matière, selon lequel l’ingéniosité extraordinaire des organes du vivant (oeil, aile, coeur, etc.) apparaît pour certains comme le fruit d’une conception très élaborée, et non d’une somme de mutations hasardeuses, fussent-elles soumises au tamis de la sélection naturelle, laquelle n’est après tout qu’un phénomène purement mécanique. Richard Dawkins reconnaît lui-même que « c’est effectivement un argument de poids » (p.120) et qu’« aux yeux d’un nombre étonnant de théistes, il est absolument imparable. » (p.120). Mais il balaye cet argument avec beaucoup trop de légèreté.
Il prétend tout d’abord retourner l’argument de l’improbabilité contre lui-même en affirmant: « Si improbable statistiquement que soit l’entité que vous cherchez à expliquer en invoquant un concepteur, le concepteur lui-même doit nécessairement être au moins aussi improbable. » (p.121) Mais c’est ignorer que Dieu, s’il existe, ne peut être considéré que comme une entité transcendante, incréée, et qui échappe donc par nature à toute causalité statistique. Et si cela a un sens d’appliquer le calcul des probabilités à l’émergence des êtres vivants, car c’est un phénomène physique, ce n’est évidemment pas le cas pour l’existence de Dieu, entité métaphysique par excellence.
La sélection naturelle ne convainc pas tout le monde
Pour Richard Dawkins, la réponse miracle à l’improbabilité apparente de l’apparition des organes du vivant est la sélection naturelle, « processus cumulatif qui décompose le problème de l’improbabilité en petits éléments. » (p.129) Mais que l’évolution parvienne à un organe tel que l’œil de manière graduelle n’enlève rien à son improbabilité, car ce n’est pas une question de degré, mais de nature. Si une minorité encore importante de scientifiques persistent à douter du pouvoir d’explication du couple mutations aléatoires/sélection naturelle, c’est parce qu’il est purement mécanique et aveugle, et qu’il ne leur paraît pas possible qu’un mécanisme aveugle produise quoi que ce soit d’intelligent.
Dawkins déplore que l’évidence explicative de la sélection naturelle ne saute pas aux yeux de tout un chacun, mais il ne s’interroge pas pourquoi. Il se contente de décréter qu'il y a d’un côté le camp de la raison, avec Dawkins, Darwin et Diderot, et de l’autre le camp de l’illusion, avec Denton, Voltaire et Descartes. La raison mécaniste d’un côté, et l’illusion déiste de l’autre. Et si c’était le contraire: l’illusion mécaniste et la raison déiste? Au bout du compte, ce qui fait cruellement défaut pour trancher ce débat, où ce ne sont que paroles contre paroles, convictions contre convictions, ce qui pourrait enfin permettre à Dawkins de convaincre les sceptiques, ce sont des preuves expérimentales éclatantes.
« Les expériences ont bien plus de force pour persuader que les raisonnements. » Pascal
« Les expériences ont bien plus de force pour persuader que les raisonnements. » disait Pascal. Eh bien pour ma part, je ne demande qu’à être persuadé du pouvoir créateur de la sélection naturelle. Mais à défaut de l’être par le biais des raisonnements de Dawkins, je le serai le jour où l’on concevra un logiciel de simulation capable d’engendrer des structures intelligentes (s’apparentant aux organes du vivant) grâce au mécanisme de mutation/sélection. Des logiciels analogues existent, mais ils n’engendrent à ma connaissance que de simples formes géométriques ressemblant aux contours corporels des animaux, non à des structures que l’on pourrait qualifier d’« intelligentes » (structures qu’il faudra définir et formaliser). Quoi qu’il en soit, le gros avantage des simulations informatiques, c’est que leur formidable puissance de calcul (des millions d’opérations par seconde) les rend susceptibles de reproduire un processus d’évolution tellement accéléré qu’il serait observable dans un temps raisonnable… Il y a donc là un défi passionnant à relever pour tous les partisans de la sélection naturelle qui, à l’instar de Richard Dawkins, sont désireux de convaincre les derniers sceptiques… et d’en finir avec Dieu!
Mais en attendant l’arrivée d’un tel logiciel ou de toute autre expérience convaincante1, les sceptiques du hasard et de la sélection naturelle resteront en droit de considérer leurs convictions comme légitimes, en tout cas ni plus ni moins fondées que celles de leurs opposants darwinistes. Et surtout - de grâce! - de pouvoir les afficher sans être accablés de discrédit par ces derniers. Les hommes de science n’ont rien à gagner en faisant appel, pour répondre aux objections de leurs contradicteurs2, à la stigmatisation plutôt qu’à la persuasion, car ils donnent alors le sentiment de ne pas être confiants dans le pouvoir persuasif de la science. Comme s’ils oubliaient soudain qu’ils disposent pourtant d’une méthode extrêmement efficace pour convaincre, qui est le propre de la science et qui fait toute sa force: la preuve expérimentale.
Xavier Quentin
1. Une proposition d’expérience pour tester la robustesse de l’ADN face aux mutations aléatoires est présentée dans mon livre, au chapitre 8. 2. Je parle ici des contradicteurs sérieux, à savoir ceux qui ne nient pas l’évidence de l’évolution.
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| ■ Par Malek
le 16/02/2009 |
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Merci Mr. Xavier Quentin pour votre livre, et c'est très bien de voir un esprit libre critiquer la théorie darwinienne, cela ne pourra qu'éclairer plus la vérité.
Personnellement j'affirme que Richard Dawkins (+Darwin +moi +++) ont raison à 100% et je peux vous citer une petite expérience qui le confirme : j'ai assister à l'évolution des moustiques qui sont devenu résistantes aux produits qu'on utilise (période 20 années). pourquoi??? : Parce les êtres vivants évoluent!!!
et je trouves que votre texte comprend plusieurs incohérences qui peuvent induire le lecteur en erreur, en voici une de taille : Vous dites que "le couple mutations aléatoires/sélection naturelle est purement mécanique et aveugle" mais la vérité est que :
1 - les mutations aléatoires sont certes Mécaniques (quoi que je penses qu'il y a des paternes de mutation qu'on a pas encore déceler)
2 - mais la sélection naturelle est loin d'être aveugle comme vous dites, au contraire elle est très clairvoyante : dans mon exemple les moustiques ont évoluer vers un organisme plus complexe capable de résister aux produits anti-moustiques (et même à plus long terme exploiter ces produits), en d'autres termes les moustiques ont développer une réponse spécifique contre ces produits.
Donc quand vous dites que le couple mutations aléatoires/sélection naturelle ne peux pas produire quelque chose d’intelligent, c'est faut.
Note : je vous rappel que toute l'humanité avec son intelligence n'arrive pas à trouver une solution au SIDA, alors que si on laisse faire la sélection naturelle on sera immunisé contre ça en un rien de temps, donc la sélection naturelle est beaucoup plus intelligente que nous et elle n'a même pas besoin de réfléchir.
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Réponse à Malek
Cher Monsieur, Je vous remercie pour votre commentaire et en particulier pour votre exemple des moustiques, dont je ne doute pas qu’ils aient la capacité d’évoluer, comme tous les êtres vivants. Le phénomène de résistance aux insecticides est manifestement un effet spectaculaire de la sélection naturelle des individus possédant les meilleurs gènes. Mais ces « bons » gènes étaient peut-être déjà présents dans la population avant l’arrivée des insecticides… Je ne conteste donc pas le rôle important de la sélection naturelle dans l’évolution, mais pour sélectionner… ce qui existe déjà. Ce dont je doute fortement (et avec moi de nombreux scientifiques très sérieux tels que le généticien Michael Denton), c’est de la capacité de la sélection naturelle à créer graduellement, à partir de mutations aléatoires, des organes très sophistiqués tels que l’œil, le cœur ou le cerveau… Cordialement, Xavier Quentin
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Bonjour! Juste quelques réactions suite à cet article: Est-on sûr que les mutations sont systématiquement aléatoires et non pas "dirigées" dans certains cas et sous certaines conditions (suite à une catastrophe par exemple). Le gradualisme ne fait pas l'unanimité parmi les évolutionnistes puisque S. J. Gould penchait plutôt pour des états d'équilibres ponctués. Je veux bien qu'on critique la théorie darwinienne mais est-ce que l'intelligent design est vraiment une alternative valable pour expliquer l'origine de la vie et sa diversité? C'est un point de vue extrêmement minoritaire et (à mon humble avis) une solution de facilité typique des gens religieux qui préfèrent laisser du flou plutôt que de trouver des réponses à certaines questions (on imagine lesquelles). J'ai beaucoup aimé le "God delusion" de Dawkins, et la citation de Victor Hugo, "There is in every village a torch - the teacher: and an extinguisher - the clergyman". Je pense que l'on peut encore, à notre époque, dans pas mal de pays, remplacer "the clergyman" par "the scientist".
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Cher Monsieur,
Merci pour votre commentaire. Concernant « l’intelligent design », il convient d’écarter ce terme du débat car il est galvaudé puisque associé à un mouvement organisé, né aux Etats-Unis et qui ne paraît pas exempt d’arrière-pensées. D’ailleurs, l’idée même de « mouvement organisé », et ce qu’elle implique en termes de combat ou d’idéologie, me paraît incompatible avec la démarche scientifique, laquelle n’est précisément pas une affaire de combat ou d’idéologie, mais de recherche désintéressée de la vérité. J’utiliserai donc plutôt l’expression de « pensée créatrice ». Mais cette idée, appliquée à l’évolution, est-elle une solution de facilité ? Elle ne l’est pas pour moi en tout cas, car elle se fonde sur une conviction profonde et mûrement réfléchie : la pensée (humaine ou autre) est un phénomène de la nature qui échappe au déterminisme (jusqu’à preuve du contraire). Et ce qui distingue la pensée des phénomènes déterministes, c’est qu’elle peut produire des Idées, des structures « intelligentes ». Par conséquent, là où l’homme est capable de discerner des structures « intelligentes » tels que les organes du vivant, il peut en inférer qu’elles sont issues d’une forme de pensée, puisque le déterminisme (mutations/sélection) est incapable de produire des Idées… Mais je m’arrête là, et vous invite, si vous souhaitez en savoir plus, à lire mon livre… Cordialement,
Xavier Quentin
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Bonjour,
Je n'ai pas lu votre ouvrage, mais nul doute qu'il m'aurait grandement intéressé s'il était sorti 7 ans plus tôt ! En effet, en 1999-2002 j'ai longuement étudié la question avec le soutien de Madame Rosine Chandebois (embryologiste) que vous connaissez peut-être. J'avais alors publié un livre en 2002, "La question du hasard dans l'évolution", dans lequel je discutais tout à tour les thèses du hasard et du finalisme en m'appuyant sur les résultats expérimentales issus de l'embryologie et de la biologie moléculaire. En toute humilité, je vous invite à regarder en détail les travaux de Mme Chandebois ("Pour en finir avec le Darwinisme", "La construction de l'organisme", etc.) et ceux de Mirko Beljanski ("ARN transformants porteurs de caractères héréditaires chez Escherichia coli showdomycino-résistant", C.R. Acad. Sci., 1971, 272 et "De Novo synthesis of DNA-like molecules by polynucleotide phosphorylase in vitro", Journal of Molecular Evolution, 1996, 42). Si vous le désirez et si je retrouve le fichier PDF de mon ouvrage, je vous en enverrai une copie par mail. Il faudrait que je me procure votre livre, mais tout cela est loin pour moi maintenant et j'ai bien peur de ne plus pouvoir suivre.
Bien cordialement. Dominique Letellier
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Cher Monsieur,
J’ai d’ores et déjà commandé votre livre et j’aurai donc le plaisir de le lire dans son format optimal. Quant au mien, vous n’aurez aucune peine à vous plonger dedans car il ne s’adresse pas particulièrement au spécialiste de l’évolution ou de la génétique. Au contraire, son propos est généraliste, philosophique et dépourvu de tout jargon spécialisé. Il est susceptible d’intéresser toute personne s’interrogeant tour à tour sur les lois de la nature, le hasard, le déterminisme, la matière ou encore la pensée, et ce à la lumière des données de la science moderne (relativité, mécanique quantique, génétique, mathématiques). En outre, ce livre n’est pas long (180 pages). Si vous le lisez prochainement, n’hésitez pas à me faire part de vos appréciations, que je lirai avec le plus grand intérêt. Bien cordialement,
Xavier Quentin xquent@hotmail.com
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Le problème avec le debat "evolution" VS .."X", c'est que X;, n'a jamais d'argument... Face au fossile, a la genetique des populations, à l'anatomie comparé, à la biologie moleculaire... Il ny a pas de preuve digne de ce nom qui vas dans le sens inverse de l'evolution... C'est à croire que dieu a fait le monde pour qu'on se mette à croire à l' evolution et la non-existence de dieu... :) Il y a bien sur l'argument d'incredulité personnel, " je ny crois pas... parce que...". Certe, c'est très honnorable de remettre l'evolution en doute, mais encore faut il le faire avec des arguments. Je ne trouve rien en desacord avec le pouvoir hasard/selection. Au contraire, quand je vois toutes ces races de chien ( du chiwawa au berger allemand) issu d'un même ancètre qu'est le loup, ou encore toutes les variations de produits agricoles ( tomate cerise, agrume), je ne peux que m'etonner du pouvoir de creation de ce mecanisme Hasard+selection humaine dans ce cas.
"...Mais c’est ignorer que Dieu, s’il existe, ne peut être considéré que comme une entité transcendante, incréée, et qui échappe donc par nature à toute causalité statistique...."
Et si il est transendant, pourquoi il n'existerai pas... Vous ne comprenez pas ? Normal, cela depasse votre entendement... Mais dieu est capable de tout, même de ne pas exister....:) Et pourquoi pas, dieu a crée le monde, tel que dawkins le decrit, via le hasard, les mutations et la selection.... vu qu'il est transcendant et capable de tout ! L'avantage de l'argument de dieu , posé comme axiome, est qu'il repond a beaucoup de solution....
Cordialement !
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Cher Monsieur,
Il semblerait qu’il y ait un malentendu entre nous, dans la mesure où l’évolution est un fait si indiscutable à mes yeux qu’il me paraîtrait bien imprudent de vouloir la nier ! Ce n’est pas de l’évolution dont je doute, c’est du mécanisme invoqué par le darwinisme pour l’expliquer (mutations aléatoires/sélection naturelle). Et si ce mécanisme a sûrement sa part dans l’évolution - par exemple, dans le cas des chiens, pour des modifications de taille, de couleur, ou de proportions des pattes, des oreilles, du museau, etc. - peut-il suffire toutefois pour expliquer l’apparition des pattes ou des oreilles elles-mêmes ?
Modifier les paramètres quantitatifs (taille, couleur, proportions, …) des structures du vivant est une chose qu’un simple mécanisme peut expliquer, mais créer ces structures elles-mêmes (œil, cœur, cerveau, …) en est une autre, bien plus difficile à attribuer à ce même mécanisme. Un mécanisme hasardeux est-il suffisant pour procurer des pattes et des tympans à des animaux qui en étaient dépourvus ? Le personnage principal de mon livre propose une toute autre approche que le darwinisme strict pour expliquer ce type de « macro-évolution ». Au lecteur de juger ensuite si cette approche lui paraît pertinente ou non…
Vous réclamez des arguments face à l’explication darwinienne de l’évolution et c’est bien légitime, mais il faudrait des pages entières pour les exposer, et d’autres l’ont fait avant moi. Je peux vous recommander trois livres, parmi bien d’autres : « Evolution : une théorie en crise », de Michael Denton, « Le darwinisme ou la fin d’un mythe » de Rémy Chauvin ou encore « Notre existence a-t-elle un sens ? » de Jean Staune.
Quoi qu’il en soit, les meilleurs arguments du monde et les plus beaux raisonnements ne sauraient suffire en matière de science. La science ne veut que des faits et des expériences, et tout le problème du darwinisme, c’est qu’il n’en dispose pas à ce jour pour prouver sans conteste que le mécanisme hasard/sélection est bel et bien capable de créer des pattes, des tympans ou des yeux, et ce sans l’appui d’une certaine forme de pensée, comme dans le cas des créations humaines… Ceci me rappelle la réflexion d’un biologiste qui, lors d’un débat sur l’évolution, s’exclamait : « Mais enfin : vous trouvez dans le désert un vélo rutilant et vous diriez qu’il est là par hasard ? Cela n’a pas de sens ! »
Quant à la question de Dieu, paradoxalement elle ne m’intéresse guère car je ne suis pas théologien ! Ce mot de « Dieu » est en quelque sorte une commodité de langage pour désigner la pensée créatrice qui pourrait avoir sa part dans l’« intelligence » des structures vivantes (ce que le personnage de mon livre appelle les « Idées du vivant »…) Mais cette idée d’une pensée créatrice ne relève pas pour moi de la foi, et je l’écarterai volontiers le jour où une expérience prouvera que l’on peut s’en passer…
Cordialement,
Xavier Quentin
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Moi, je cherche un argument, qui interdisse la creation des yeux par la selection naturel tel que darwin le decrit! Ce qui se concoit clairement s'ennonce facilement je pense. Donc je suis sur que vous pouvez me resumer en quelque ligne votre théorie qui va à l'encontre du principe de creation d'organe. Mise à part, l'argument modifié de Palley : " une horloge tout seul par terre... mais ca ne peux pas apparaitre comme ça". ( ou un velo)
Vous etes d'accord sur l'evolution par Hasard/selection, pour les parametres quantitatifs. Et cela n'est pas rien! Nos partagons avec tout les mamifères la meme structure de base... Et la seul difference entre nous et la girafe par exemple, est justement d'ordre quantitatif. Le meme nombre de vertebres, mais bcp moin large, le meme nombre d'os aux membres, le même type d'organes etc.... On prend souvent l'argument des yeux pour contredire la puissance du hasard/selection... "Comment les yeux,formé de plusieurs composant indispensable, ont ils pu apparaitre par hasard? " C'est mal connaitre l'operation de la cataracte. En effet, premierement l'oeil peut fonctionné sans son integrité. L'operation de la cataracte consiste a enlever le cristallin. L'oeil voit moin bien, mais il voit... On pourait même enlevez tous les composants de l'oeil et laisser 4 photorecepteurs... l'oeil verait tjr... Certe, on perd 99% de sa vision, mais ce 1% de vision est mieux que de rien voir dutout, et donc a tout chance d'avoir été selectionné. Ainsi de suite, par accumulation progressif , apparait l'oeil. On l'explique en general par ce shema : http://www.detectingdesign.com/images/HumanEye/humane7.jpg
D'autre part,On pourait se demander par exemple, comment les premieres ailes des oiseaux sont apparu? Ou encore les premiers poumons? L'explication s'appelle l'exaptation, ou recyclage evolutif... Ces organes avaient une autre fonction avant, et se sont convertit. Par exemple les plumes, etaient probablement a visé de thermoregulation, puis ont servit a planer, puis a voler. Les poumons etaient surement une vessie natatoire, permettant de gonfler des balastes d'air, pour changer de niveau , comme le ferait un sous marin..
Bref, voila!
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Cher Monsieur,
Je vais essayer de vous résumer rapidement l’argumentaire développé par le personnage central de mon livre, que je reprends à mon compte.
L’ADN, qui porte le plan de construction de l’être vivant, s’apparente à une sorte de programme informatique naturel, doté d’une sémantique et d’une grammaire. L’œil, en particulier, est un morceau de ce programme, régi par cette grammaire du vivant, particulièrement précise et porteuse d’Idées mathématiques codifiables dans des programmes (programme informatique ou ADN), comme l’Idée de symétrie, par exemple, qui est très répandue dans le monde vivant. Une Idée qui fait que nous avons deux yeux symétriques l’un de l’autre, eux-mêmes régis par une symétrie sphérique, etc.
Est-il possible que le morceau de programme construisant un œil, même rudimentaire, résultant d’une combinaison d’Idées particulièrement sophistiquée (que Paley soulignait déjà en son temps) apparaisse spontanément au cours de l’évolution, et ce par une succession de mutations génétiques hasardeuses ? La fameuse parabole du singe frappant au hasard sur une machine à écrire et qui serait incapable d’obtenir le moindre texte intelligible, même sur une durée dépassant l’âge de l’univers, ne peut-elle s’appliquer également dans le cas de l’ADN ?
Un singe qui s’occuperait de l’évolution avec une machine à écrire de l’ADN pourrait-il voir apparaître successivement, en quelques millions d’années (durée excessivement courte en termes de probabilité) les ADN codant pour des yeux (même très rudimentaires), pour des tympans, des pattes, des ailes, etc. (avant de les offrir au tamis de la sélection naturelle), alors qu’il n’obtiendrait rien avec une machine à écrire ordinaire ? L’ADN a-t-il cette propriété magique ? C’est possible, mais il est permis d’en douter, et de chercher à le vérifier… (Le personnage de mon livre propose donc une expérience pour tester cette plasticité supposée de l’ADN face au hasard…)
Par ailleurs, concernant les différences entre la girafe et l’homme, je ne vous suis pas tout à fait lorsque vous affirmez que « la seul difference entre nous et la girafe par exemple, est justement d'ordre quantitatif » Si l’on ne se réfère qu’au squelette, je veux bien l’admettre (une déformation continue fait passer de l’un à l’autre, et les ADN concernés doivent être très similaires), mais en revanche le cerveau humain possède, me semble-t-il, des différences qualitatives, du point de vue de ses performances, avec celui de la girafe. Pour passer du cerveau d’une girafe à celui d’un homme, il faut vraisemblablement des « Idées » supplémentaires, avec leur traduction au niveau de l’ADN…
Cordialement,
Xavier Quentin
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